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[Màj] Le cannabis sur ordonnance disponible dès le 1er août chez votre médecin



MISE À JOUR: Après une longue période d'atermoiements quant à la date de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, le Conseil Fédéral a publié hier un communiqué officiel, l'arrêtant au 1er août 2022.


Cette publication n'apporte aucun ajout ou modification de fond par rapport à notre article du mois de mars. Elle a cependant le mérite de recevoir une large couverture médiatique et d'ainsi sensibiliser le public et les professionnels de santé à cette évolution majeure en matière de traitement médical.


Notre service se réjouit de ces nouvelles et nous pourrons très rapidement accompagner un nombre croissant de patients pour qui les tracasseries administratives liées à l'accès au cannabis médical feront désormais partie du passé.


Notre article original du 09.03.2022:


Croulant sous les dossiers et ne pouvant plus gérer le travail administratif s'y rapportant, l'Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) a demandé aux autorités de simplifier l'accès au cannabis médical en juin 2019.


Cette demande a été largement validée par le Conseil Fédéral il y a plus d'un an, et aujourd'hui la Suisse est en passe de rendre le cannabis médical disponible sur ordonnance comme n'importe quel autre médicament. Nous faisons le point sur cette évolution majeure.


Situation jusqu'au 1er août 2022


Pour l'instant, accéder à un traitement à base de cannabis médical est une procédure relativement longue, en voici les étapes principales:

  1. Consultation médicale préalable

  2. Diagnostic (cette étape peut également être enrichie par notre auto-diagnostic qui permet de préparer l'entretien avec le médecin)

  3. Rédaction de la demande et envoi à l'OFSP

  4. Examen de la demande et communication de la décision au médecin

  5. Emission d'une ordonnance (renouvelable mais d'une durée maximale de 6 mois)

  6. Commande du produit (Dronabinol, Huile/Teinture, Sativex, etc..) auprès d'une pharmacie

  7. Collecte/réception du produit par le patient

Entre la première consultation et l'accès au produit, il se passe généralement entre deux et trois semaines. Conscientes que ces délais sont bien trop longs pour des patients (environ 3'000 demandes approuvées par an, selon l'OFSP) qui souffrent et ont besoin d'un traitement adapté, les autorités suisses ont fait preuve d'un pragmatisme que l'on ne peut que saluer.


En effet, l'été 2022 marquera la fin de ce système administrativement lourd et infantilisant pour les médecins et leurs patients.


Un système plus accessible mais contrôlé


Dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, les médecins pourront librement prescrire du cannabis médical sans devoir attendre le feu vert de l'OFSP. Cela remet la pratique médicale au centre et permet d'ôter les stigmates socio-culturels tenaces du cannabis qui, s'il demeure certes un stupéfiant, dispose d'un potentiel d'abus et de dépendance 'insignifiant' (Dr.Fankhauser, Pharmacie Panakeia) aux doses thérapeutiques auxquelles il est prescrit.


Bien sûr, accès facilité ne rime pas avec absence de contrôles. l'OFSP a prévu de mettre un outil de reporting digital à disposition des médecins. Celui-ci a pour but de faire trois points de situation au cours du traitement: un premier point lors de la prescription initiale, un second au bout d'un an et un dernier au bout de deux ans ou après interruption inopinée du traitement.


Des milliers de patients concernés


Interrogé dans les colonnes du Matin, Daniel Dauwalder, porte-parole de l'OFSP, estime qu'après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, entre 66'000 et 100'000 personnes pourraient bénéficier d'un traitement avec cannabis médical.


À l'heure actuelle, seul un nombre restreint de médecins ont été sensibilisés ou formés aux thérapies avec cannabis médical. Il est donc essentiel de proposer rapidement des formations adaptées pour garantir un accompagnement thérapeutique de qualité et limiter les abus de traitement.


La position délicate des assureurs


Malgré le fait que les assurances reconnaissent le cannabis médical comme un produit thérapeutique répondant à leurs critères (Efficacité, Adéquation, Économicité), son remboursement n'est pas automatique, loin s'en faut.


De nombreux parlementaires ont déjà interpellé les acteurs majeurs de la branche sur cette thématique qui relève davantage de la politique et de l'image de marque que du domaine strictement médical. En effet, les assureurs sont encore frileux à l'idée de rembourser automatiquement des médicaments qui demeurent en pratique des stupéfiants. Il est également vrai que peu d'études ciblées sur des préparations spécifiques (à l'exception du Sativex) ont été conduites, ce qui a pour effet de freiner l'avancement de la prise en charge.


Cependant, on peut penser que la nouvelle loi va de facto créer une masse suffisante de demandes de prises en charge pour que les assureurs revoient en profondeur leur position sur le sujet.



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